Un parcours d’ingénieure devenu vocation pour la recherche
Le parcours de Marie-Ange Bueno commence par des études d’ingénieure textile dans une ancienne école textile à Épinal. Très tôt, elle développe un intérêt pour la recherche scientifique. Lors de sa troisième année d’école d’ingénieur, elle suit en parallèle un DEA (l’équivalent d’un master recherche aujourd’hui) à l’ENSITM.
Une expérience décisive survient pendant son stage en recherche et développement (R&D) en entreprise. Elle y rencontre une docteure dont le parcours et les échanges lui donnent envie de poursuivre dans cette voie. Elle décide alors elle aussi de suivre le chemin de doctorante.
Son doctorat se déroule à cheval entre le laboratoire de l’ENSITM et celui de l’ESSAIM. Cette expérience marque le début d’une carrière consacrée à la recherche et à la transmission de son savoir.
Enseignant-chercheur : un métier aux multiples facettes
Devenue maîtresse de conférences, Marie-Ange Bueno rejoint le Laboratoire de Physique et Mécanique Textiles (LPMT), laboratoire auquel elle est rattachée depuis le début de sa carrière.
À l’ENSISA, elle intervient dans plusieurs formations :
- Cours de maille pour les élèves-ingénieurs textile
- Cours de tribologie (science des frottements), domaine directement lié à ses recherches
- Métrologie dimensionnelle pour les élèves-ingénieurs en mécanique
Pour elle, l’une des richesses du métier d’enseignante-chercheuse réside justement dans cette interaction permanente entre recherche et enseignement :
« Le métier d’enseignante-chercheuse est vraiment très riche. Ce que l’on découvre en recherche peut nourrir les cours. Et inversement, l’enseignement permet d’avoir un autre regard sur ses travaux. Chaque partie du métier enrichit l’autre. »
Cette diversité lui permet également de renouveler sans cesse ses activités : même sans changer d’établissement, elle souligne avoir toujours la possibilité de découvrir de nouveaux sujets, de nouvelles responsabilités et de nouveaux projets.
Des responsabilités scientifiques et pédagogiques
Au fil des années, Marie-Ange Bueno a occupé plusieurs fonctions importantes à l’ENSISA :
- Responsable de la spécialité mécanique de 2007 à 2012
- Congé pour recherche (CRCT) de six mois à Besançon
- Responsable du master MMF
- Directrice du LPMT de 2015 à 2023
Elle est également très impliquée dans la recherche et l’encadrement doctoral. Depuis 2001, elle encadre des doctorants et a dirigé 22 thèses soutenues.
Par ailleurs, elle participe à plusieurs sociétés savantes nationales en mécanique, des associations scientifiques réunissant chercheurs et industriels autour de problématiques de recherche mais aussi de formation des ingénieurs.
Un regard engagé sur la place des femmes dans l’ingénierie
Si le secteur textile compte historiquement de nombreuses femmes, d’autres domaines de l’ingénierie restent encore majoritairement masculins. À l’ENSISA, la situation est toutefois plus équilibrée que dans beaucoup d’autres écoles, notamment dans les formations en mécanique.
Dans ses enseignements et ses échanges avec les étudiants, Marie-Ange Bueno s’intéresse particulièrement aux inégalités professionnelles entre femmes et hommes, notamment les écarts de salaire dans les métiers d’ingénieur. Elle présente ces analyses aux élèves-ingénieurs afin de les sensibiliser à ces réalités et de les préparer à leur future insertion professionnelle et, plus largement, de contribuer à faire évoluer les mentalités et les pratiques dans le monde de l’ingénierie.
Son objectif est clair : donner aux étudiantes les clés pour aborder leur carrière avec confiance, notamment lors des négociations salariales.
« Il faut oser »
Aux jeunes femmes qui hésiteraient à se lancer dans une carrière d’ingénieure, son message est simple et direct :
« Il faut faire ce qui vous plaît, sans complexe. Les femmes ont souvent tendance à se poser trop de questions et à ne pas oser. Mais il faut oser ! Dans une journée, il y a finalement très peu de moments où l’on pense que l’on est un homme ou une femme. On est simplement une personne qui travaille. Il ne faut pas se mettre de barrières. »



